CHROMB !

CHROMB ! – Chromb ! (2012)

Il était une fois une cité rhodanienne, riche d’un passé musical rock, punk et new-wave d’obédience nationale. Quelques rockers croulants, érudits et anachroniques, la bedaine moulée dans un t-shirt passé de Starshooter et mâchonnant une anecdote sur un concert d’Electric Callas, hantent encore les échoppes de cd et de vinyles de Saint-Jean mais le temps où Libé titrait « Lyon, capitale du rock » est far far away comme dirait le gros machin vert (non, pas celui sucré aux rayons gamma)… Ces derniers temps, seuls l’électro et le dub lâchaient leurs crottes plus ou moins inspirées au dehors (High Tone, le Peuple de l’Herbe…). Et pis récemment de nouveaux gus accouchèrent de perles salvatrices dans un chariot malaisé à étiqueter. Rétro scotché, clignotant fatigué, voire tache de foutre sur la banquette, il trottait loin de la rentabilité calibrée des rolls-royces du milieu, l’indie jazz incandescent des Lunatic Toys ou la zique de lutins sous acide de Poil s’il faut en citer parmi pléthore. Auxquels on peut aujourd’hui ajouter Chromb !

le-groupe-lE GROUPE DANS L'ESCALIER

 Le joli cover art, coloré et vaguement surréaliste, de ce digipack éponyme ne laisse pas deviner l’univers de cette 1ère galette autoproduite et majoritairement instrumentale : une sorte de rock jazz foutraque non dénué de lyrisme, qui rappelle l’esprit Zorn ou du Zappa moins célère, notamment l’époque bénie qui cabriole derrière son Hot rats. Des pincées de King Crimson et du Comets on Fire d’Avatar aussi, notamment sur ce bijou qu’est Tu es ma pause déjeuner. Petit bémol sur le vocoder d’Atmosphère 4014 mais il reste parcimonieux à l’échelle de l’album, élémentaire tact que tout le monde n’a pas (oeil torve et injecté vers Marvin). Le timbre de synthétiseurs ou de fender rhode allié à une batterie hypnotique et l’étirement des morceaux peuvent dessiner des atmosphères space rock bien trempées dont le final Maloyeuk donne un bon exemple. Rassurez-vous, l’iconographie de l’objet avait raison : ça ne sonne pas comme du Hawkind décrépi ou ces eightitudes qui ont culminé dans les ‘free-festivals’ anglais, Stonehenge en tête. Il s’agit bien d’alternatif du 21e siècle, celui qui consacre l’électricité et élime les frontières entre les genres, celui qui chie du jazz pour headbangers, infecte la pop ou la funk des tites filles et punkise les claviers casio. D’ailleurs point de guitariste au sein du quartet, une basse peu en avant et des ornements électronica abstract de maintenant. La prod est clean mais ça hume pourtant moins le studio astiqué que le garage et l’aisselle humide.

CHROMB! de Chromb

L’aérien ou l’énervé, le grandiloquent, le daté ou le free, le chant, le sax ou les fioritures électroniques, rien n’est permanent, tout ne fait que passer dans telle ou telle des 6 pièces de l’album, tout ajoute sa pierre à un édifice qui semble bancal à la première écoute et se révèle in fine parfaitement cimenté. Du free rock ou de l’indie jazz avec le majeur dressé au Plan Local d’Urbanisme et la porte-fenêtre ouverte côté cour pour agrandir la bâtisse sans plan ni prospect.

The band

Ils sont peu, au pays du pif et du fromage, à touiller actuellement aussi bien de l’instrument la tambouille tripante que ce combo. L’expérience de cette musique n’est jamais sensée être autant intense que dodelinant devant de gros amplis qui crachent. Ils tournent depuis fin 2007 et seront en live au Black Sheep à Montpellier le 1er mai. Avec toutes ces infos, la balle n’est plus dans mon camp. Enjoy.

3 réponses à “CHROMB !

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