Une petite histoire de la culture libre

Le sujet est dense. Nous essaierons donc d’en donner une vue synthétique, pour comprendre d’où vient cette idée bizarre que la culture doit être libre. N’hésitez pas à nous contacter pour des éclaircissements. D’autres articles suivront, afin de développer des points survolés ici.

Comme beaucoup d’idées nouvelles, la culture libre, open source, copyleft ou gauche d’auteur, que nous défendons, a d’abord pour origine un contexte.

L’origine : le logiciel libre

Avant de devenir une « culture », le libre est né de l’informatique. C’est le développeur Richard Stallman en 1984 qui, avec le projet GNU, a formalisé juridiquement une pratique courante chez les informaticiens : le partage des connaissances.

Ce projet a permis de protéger ce que l’on appelle un « bien commun ». Concrètement, il permet aux développeurs d’étudier, modifier et repartager un travail placé sous licence GNU. D’abord confidentiel, le logiciel libre est aujourd’hui présent partout (c’est notamment le système sur lequel repose Android, l’infrastructure d’internet, etc…). Il s’est développé si largement parce que sa licence permet à chacun de contribuer à un projet.

Décuplé par internet

C’est l’avènement d’internet au cours des années 90 qui déploie la notion de libre dans la sphère de la création multimédia. Ce qui était un réseau contenant principalement des pages de texte et d’images devient un outil capable de transférer n’importe quel média d’un bout à l’autre du monde.

Lawrence Lessig, juriste américain, ressent alors le besoin de transcrire la notion de libre au domaine de la culture : en 2002 naissent les premières licences Creative Commons. A partir de là, il devient possible de proposer texte, musique, vidéo hors du privateur et omniprésent « copyright ».

Il ne sera pas le seul à faire cette démarche (on retrouve notamment en France la licence Art Libre créée par Antoine Moreau, parmi bien d’autres), cependant les Creative Commons ont un succès retentissant, d’une part parce qu’elles sont transcrites pour être valables juridiquement dans chaque pays, et d’autre part parce qu’elles permettent de définir finement ce que l’auteur souhaite autoriser le public à faire de son œuvre ou non.

Le dénominateur commun est toujours le partage non marchand des œuvres.

La culture libre va de mieux en mieux

Trouver des œuvres libres en 2001 n’était pas aisé. En 2006 les création de qualité se faisaient rares, mais étaient néanmoins émergentes. Aujourd’hui en 2013, on ne peut que constater que non seulement la qualité est là, mais qu’en plus les créateurs – toujours plus nombreux – partagent cette idée de « Culture Libre ». Nous en faisons partie.

La culture libre ne s’est pas développée toute seule. Il suffit de jeter un œil à la situation des musicien (par exemple) en 1995 pour constater le chemin parcouru : outils de création, de diffusion, de création de réseau, tout a changé. Nous avons changé dans nos pratiques, parce qu’internet a changé la société, de façon radicale et a priori irrévocable.

Les œuvres sous licences libres sont aujourd’hui nombreuses, et nous disposons de tous les outils nécessaire à notre autonomie dans la création.

Domaine public vs industrie culturelle

L’industrie culturelle, après avoir tardé à prendre en compte les changements qu’internet a imposé, a lancé un lobbyisme actif du côté de la propriété intellectuelle, afin d’assurer son système de diffusion qui précédait le réseau.

Cependant, alors que le support de la musique était un bien matériel (donc limité) qui pouvait être contrôlé, internet a permis de transformer la musique elle-même en ce qu’elle est de plus pur : de l’information. Et quoi de plus naturel pour un tel système que de recopier et transmettre une information à tout va ? D’ailleurs pour aller plus loin, ne partage-t-on pas surtout ce que nous aimons ?

Au final, l’industrie a échoué dans sa tentative de rendre rare ce qui ne l’est plus, et n’a jusqu’ici jamais accepté un modèle qui jouerait le jeu d’internet. Ceux que l’on appelle « pirates » partagent toujours en masse les œuvres de l’esprit. Pour autant, il n’existe pas encore de modèle alternatif solide (basé sur l’abondance) à la rareté.

La culture libre à partir d’aujourd’hui

« Culture libre » signifie en premier lieu « bien commun ».

Le moment est idéal pour reprendre un débat qui n’a pas pu encore se faire sereinement sur la question du « bien culturel » et du modèle à adopter pour que ce bien commun se développe au mieux, entre auteur et public.

Il est de moins en moins évident que la copie tue la création : c’est au contraire un vecteur de diffusion puissant, car porté par le public. Le droit du public à la copie peut être protégé par les licences libres.

La grande question est maintenant : comment concilier la création (qui doit être partageable), et la rétribution (qui est une condition de la création) ?

œuvre

2 réponses à “Une petite histoire de la culture libre

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