Collaboration Ideokilogramme & Assaut Moria autour de la Traversée des Langages d’Armand Gatti

Voici un texte en hommage et dédié à cette nouvelle Traversée avec Gatti et les autres :

« Retour sur un soir d’Avril

Vingt-cinq ans de théâtre, sans frontière si possible, merci. J’ai croisé bien des artistes, et parmi eux pas mal qui sont passés à la moulinette. Ça voudrait être drôle ça ne le serait pas. Armand Gatti et ses argonautes du Pourquoi Pas, eux sont solides ; comm’un texte particulièrement dense et qui fait poids. Nous nous autorisons momentanément à vivre le moment même ; réunis. Réunis autour de la résistance, le courage de la libre pensée contre elle même, le texte de Bailly le dit très bien. Et momentanément encore nous sommes un dans le chapelet de la place Pétrarque ; personne n’est venu par hasard, et surtout pas Pierre-Yves Canu le résistant aux yeux très malicieux que ces enfants là ont gardés. C’est comme Héloïse quand-t-elle dirige les chœurs – une voix enchantée dit – cherche – on ne se doute pas que cela puisse être si agréable. Chanter est dans tous les cas un instant de bonheur. Voilà tout ce que nous cherchâmes. Et enfin Flora et moi mélangions les sonneries du violon et de la flûte à bec Rothenbourg. De là à résoudre une équation du cinquième degré il n’y a qu’un pas. Le risque étant de n’être pas compris. Nous; en revanche, comprenions mieux que jamais. Pour toute action qui ne soit pas une invention totale, nous usons du mimétisme. Sans autre, l’humanité tombe. Les yeux des enfants voient ça tout de suite. Les trois années de théâtre avec l! a bande des Bons Camarades sont mes trois années utiles. Moi qui aujourd’hui suis un ancien du parachutisme, n’ai-je trouvé si belle aventure que de se donner à un texte. Il n’y a pas plus poète qu’un comédien, ni plus casse cou qu’un poète. Car Armand Gatti, avant tout (et c’est colossale) est un poète. Nous sommes dans l’écrit jusqu’au bout des ongles, nous avons le langage pour divinité, et le réel pour prières. C’est ainsi, cela est. Ils suivront. Toujours mon histoire de mimétisme, et la peur des fantômes qui les font jouir à travers le poste de télévision. Dans l’oreille, on leur met pareil, ça ira. Non ! Nous ne sommes pas de la viande de cheval ! Thérèse a dit non. Nous sommes ce soir d’avril, comme à chaque fois la dernière, tentant de dire que nous ne nous résignons pas. Ce qu’on appelait résistance est devenu psychopathologie de la vie quotidienne, la démocratie passe ! maintenant par la psychanalyse . Le monde est fou. Il le sait. Il s’organise tandis qu’il se démonte. Le premier disciple pose ses chausses sur la tête. Alors que vu du ciel, les langues d’asphalte sillonnent la peau fragile de mère nature. Je suis moins qu’un point. Moins point qu’un autre peut-être, je pense que tout cela est une gigantesque hallucination. Du cinéma. Et à l’indicatif j’écris qu’il n’y a que toi. Comme salle Pétrarque quand-t-il n’y a plus que Dante, et que nous allons tous disparaître, comme avalés, l’ingénieur-metteur en scène Matthieu Auber se lève, et demande à ce que tout ce qui était prévu commence, que nous puissions jouer la comédie de notre apparition. Encore. Et Dante s’est mis à lire Bailly. Pierre-Yves au premier rang, joyeux, vif, intelligent. Et moi aussi j’ai lu. Puis Yves a lu. Puis Haciba a lu. C’était comme de! scendre une cascade en canoë, poussés par l’instinct. Des gens debout, là, qui descendent des cascades invisibles dans des barques de chimères, à la virgule prêt. Mon habit de clown m’attend au vestiaire. Chacun reprend ses paramètres de balistique existentielle. Ses héros, ses amours, ses doutes et les certitudes.

16 IV 13 / Pascal Nyiri-Brévard »

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